Rencontre avec Anne Fontaine

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Anne Fontaine, créatrice, styliste

A un moment donné de votre carrière vous souvenez vous avoir dit OUI à vos pouvoirs, à vos capacités ? En tout cas en avez-vous eu conscience ?

OUI tout à fait. Cela a commencé très tôt d’ailleurs. J’avais 22 ans quand j’ai lancé ma Maison de couture. J’avais alors une idée fixe : la chemise blanche et elle ne m’a pas quittée.

J’ai toujours eu deux passions dans ma vie : la couture et la nature.

Au Brésil où je suis née, nous allons encore chez les couturières et lorsque j’étais jeune je trouvais que c’était sublime et j’adorais le travail sur ces tissus. A 10 ans, j’ai dessiné mes propres robes et à ce moment ci, j’ai décidé que je voulais faire cela dans ma vie.

Puis, c’est la rencontre avec mon mari qui a hérité de sa famille des unités de production spécialisées dans la chemise d’homme pour la Couture, ce qui m’a permis d’aller plus loin et de passer à l’acte et ainsi créer notre propre marque. J’avais en tête de contribuer à sauver la couture et la confection en France.

Ma mère m’a dit plus tard que c’était une vocation. Peut être bien, en tout cas j’ai bien du OUI à mes envies et mes possibilités à un moment donné.

Et je crois qu’il faut savoir saisir les opportunités au moment où elles se présentent. Je pense que l’on ne voit pas toujours ce qu’il y a autour de nous alors qu’en fait on a toutes des capacités et plein de choix qui peuvent s’offrir à nous. Il faut les entendre et je sais que faire des choix n’est pas toujours facile. En ce qui me concerne, je n’ai pas eu peur quand l’opportunité est venue et je l’ai saisie.

Au nom de quoi faites vous ce que vous faites ? Qu’est ce qui vous anime ?

Pour moi, dans la vie il y 3 choses importantes : notre famille, notre métier et notre engagement pour la planète. Ce sont ces 3 choses qui m’animent. Je dois équilibrer ces 3 axes même si j’ai conscience que l’on ne peut pas tout faire parfaitement.

Ce qui m’anime vraiment est d’aider la nature . Pour que nos enfants puissent en profiter, je pense qu’il faut s’engager, d’où la création de ma Fondation ANNE FONTAINE, qui est destinée à planter des arbres au Brésil.

Quelles sont les deux conseils que vous donneriez aux autres femmes pour s’autoriser à dire OUI à leurs capacités, Oui à leurs pouvoirs ?

Dans chaque étape de la vie, je pense qu’il faut déjà s’écouter et voir ses rêves ;

Il faut chercher en soi ce qui nous plait le plus et faire vivre ses rêves cachés.

La deuxième chose est de s’entourer car l’on ne peut pas tout faire seule.

Et Aussi, écouter les conseils des autres car il faut se donner le droit changer d’avis. Le recul des autres est important .

Si c’était à re faire, avec le recul et l’expérience, que feriez-vous différemment ?

Je changerais peu de chose car je ne suis pas quelqu’un qui regrette. Avec l’expérience acquise, je n’aurais sans doute pas fait certaines erreurs en en même temps ce sont ces erreurs qui m’ont fait progresser.

Il faut surtout regarder demain pour voir comment mieux faire.

Avez-vous un manager ? Qu’attendez-vous de lui ?

Non car je travaille avec mon mari. Nous partageons cette passion depuis l’origine et chacun s’occupe de sa partie. Je m’occupe de la création et mon mari de la gestion. Il m’a beaucoup aidé au niveau de ma maturité de mon équilibre.

Nous sommes plutôt collaborateur que manageur et managé ; nous apportons chacun nos forces. On discute beaucoup car dans nos métiers nous sommes seuls et cela permet de s’entraider.

Vos rituels avant d’entrer « en scène » en management ou face à vos membres ?

Tout d’abord je pense qu’il est important de maitriser son sujet, donc j’essaye toujours quelques heures avant de répéter pour me sentir à l’aise au moment de mon intervention.

Je fais quelques respirations de yoga pour faire descendre un peu la pression, et vraiment si je suis fatiguée ou pas vraiment en forme, je prends des petites choses homéopathiques, comme l’argentum nitricum, qui permet de mieux gérer le trac.

Voyez-vous une différence entre le management des hommes et des femmes ?

Je ne veux pas être dans le cliché mais je trouve qu’il y a quelques différences.

En ce qui me concerne, Je travaille beaucoup sur la franchise, l’engagement et la responsabilité. Il faut se mettre en face de ce que l’on a à faire et donner toutes les options possibles.

Je crois que le don que nous avons en tant que femme de donner la vie nous amène une relation différente dans le groupe, nous sommes plus participatives et sans doute moins personnelles. Par contre, j’ai le sentiment que la prise de décision est un peu plus tardive car nous allons plus réfléchir et sans doute plus prendre de temps avant d’agir.

Votre mentor féminin ?  En avez-vous un ?

Oui plusieurs. Ma grand-mère déjà, m’a beaucoup marquée. Elle avait un fort caractère et elle était très élégante. Elle était également très humaine et essayait toujours d’aider les plus démunis.

Également Maria Da Silva, candidate aux dernières élections brésiliennes qui a des convictions très fortes ; son engagement est tellement fort que cela me porte, c’est un exemple et un leader pour moi.

Qu’est ce qui vous donne le sourire ?

Mes enfants avant tout. J’ai tenté de planter des petites graines chez mes enfants et de les voir aussi passionnées et inquiètes pour l’environnement me donne le sourire.

Et quand je vois certaines défiler avec mes chemises blanches et me dire qu’elles veulent faire la même chose que moi, je souris aussi ….

 

 

 

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