Rencontre avec Clara Gaymard

Clara-Logo GE_2012_hte defA un moment donné de votre carrière vous souvenez vous avoir dit OUI à vos pouvoirs, à vos capacités ?

J’avais 19 ans, j’étais en deuxième année de sciences po et alors que je marchais dans la rue, je me suis dis « Clara, pourquoi tu ne tentes pas l’ENA ? »

Cela me semblait d’une folle arrogance. Comment croire que j’en étais capable ? Et en même temps le défi me tentait : « Pourquoi tu ne tentes pas, ça t’intéresse après tout… »

J’ai été élevée dans un environnement où les femmes se mariaient, avaient des enfants et ne travaillaient pas. J’ai eu la chance d’avoir un patron, à la Ville de Paris, qui m’a poussée à tenter ma chance. Au fond, ce qui me plaisait, c’est de pouvoir apprendre encore, et j’ai écarté de ma pensée la question de savoir si j’allais réussir ou pas. Ce qui importait, c’était le challenge et d’aller jusqu’au bout de ce que j’étais capable de faire. Le reste, le succès ou l’échec, n’était pas de mon ressort.

Au nom de quoi faites vous ce que vous faites ? Qu’est ce qui vous anime ?

J’ai tout le temps envie d’apprendre et de découvrir le monde.

Je m’émerveille beaucoup, je suis fascinée par l’intelligence humaine, par la capacité de créer, et par notre inventivité pour trouver des solutions aux problèmes en apparence insolubles.

J’aime la vie et je suis une incorrigible optimiste. Je pense toujours que le meilleur de la vie est celui qu’on a pas encore vécu.

Pourquoi je fais les choses ? J’ai besoin de me sentir toute petite face à une très grande ambition. J’aime beaucoup cette phrase de Sylvie Guillem une danseuse étoile : « J’ai besoin de servir une cause qui est plus grande que moi. »

Quelles sont les deux conseils que vous donneriez aux autres femmes pour s’autoriser à dire OUI à leurs capacités, Oui à leurs pouvoirs?

Faire confiance à la personne qui vous propose une nouvelle responsabilité. Chacune d’entre nous est assez mauvais juge de ses propres capacités. Pour l’avoir expérimenté à plusieurs reprises, quand on propose une promotion à une femme elle s’interroge sur sa capacité à l’exercer. En tant que manager, moi je vois son potentiel. Je leur demande : « Est ce que tu as confiance en moi ? » et je précise: «  Si tu échoues, ce sera de ma faute parce que c’est moi qui aurait fait une erreur d’appréciation et de jugement. C’est ma responsabilité de manager.’’ C’est la façon que j’ai de rassurer les femmes qui n’osent pas prendre des fonctions plus importantes par manque de confiance.

Suivre son envie, et non pas son devoir. Ne jamais se rendre indispensable pour quelque chose que l’on n’aime pas faire.

Et ne pas se poser la question de ce qu’on est capable de faire, mais ce que l’on rêve de faire.

Alors avancer, une haie après l’autre, pierre après pierre et se réjouir de chaque petite étape. Les grands explorateurs ont tous fait un pas après l’autre, sont parfois revenus en arrière. Confiance, persévérance, humilité. Et surtout ne pas prendre les échecs pour des erreurs. Rien de grand ne se fait du premier coup.

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